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LES MENACES ... et les menacés
[menaces]-[menacés]
Comme nous avons pu le voir au travers des listes, il y a, pour l'instant, plus
d'espèces vivantes sur le territoire communal que d'habitant. Et si on comparait en
nombre d'individus ??? ;-) Pour faire court : il nous faut donc rester humble et
respectueux.
Face aux "idéaux" de croissance économique, de rentabilité et de confort
personnel, la Nature a parfois du mal à faire face... D'autant que les seules valeurs qui
lui sont attribuables sont celles de la diversité, de l'esthétisme, d'un potentiel
évolutif, d'une balance dans l'équilibre des systèmes (qu'ils soient écologiques,
agricoles, climatiques ou sociaux) ; autant de valeurs qui sont loin d'être prises en
compte dans l'éthique de notre société !
Quels sont donc les menaces pesant sur la Nature groisillienne ?
Celles qui se retrouvent partout ailleurs :
-fragmentation et réduction de l'habitat : le développement
de l'urbanisme, des voies de communication (cf autoroute...), le drainage des zones
humides, la monoculture intensive, l'exploitation forestière par coupe à blanc et
plantation d'essences non autochtones amènent une réduction de la taille des habitats
naturels, un isolement de plus en plus poussé voire leur disparition complète ce qui
peut porter un coup fatal aux populations qui y vivent, et ce d'autant plus que les
individus sont liés à une caractéristique précise (taux d'humidité, plante-hôte...)
- circulation automobile : le nombre estimé de collisions
d'insectes contre un véhicule est estimé entre 50 et 100 par kilomètre parcouru ; le
nombre de cadavres de hérissons est loin d'être négligeable et il à déjà été
trouvé un certain nombre de cadavre de rapaces nocturnes (tel la chouette chevêche, en
forte régression en France) ; le problème des pollutions (poussières, NOx, CO2...)
engendrées par la combustion du carburant est bien connu ; n'oublions pas les nuisances
sonores, sources de stress pour les animaux.
- l'éclairage public : il attire une foultitude d'insectes
qui en oublient de se reproduire, y passent toute leur énergie voire s'y grillent
directement... un génocide silencieux de plus ! (demandons aussi aux anciens de nous
remémorer leurs belles nuits étoilées!)
- l'utilisation de produits toxiques : herbicides,
insecticides, fongicides... mais aussi huiles de vidange et autres substances pas très
naturelles qui sont déversées (in)consciemment et qui souillent les sols ou se
concentrent dans les cours d'eau.
- la sur-médicalisation des animaux domestiques : des
composés toxiques se retrouvent alors dans les fécès qui ne sont plus recyclés car ces
composés déciment les organismes coprophages.
La commune possède sur son territoire un biotope particulièrement intéressant
pour la région, fragile et riche en espèces :
- les friches et pinèdes à molinie sur argile,
caractérisées par la présence de pins et d'une graminée (Molinia caerulea) ; il en
existe 3 sites.
Faisons aussi particulièrement attention à préserver les rares
zones humides résiduelles (sur l'étang, bois des Pesses et Fontaine-Vive).
Notons la présence d'espèces directement menacés sur la commune :
- la chouette chevêche : inféodée aux vieux vergers de
haute tiges qui disparaissent, souffre des pesticides et des collisions avec les
véhicules
- le Sabot de Vénus, orchidée protégée au niveau
européen (récolte formellement interdite) dont plusieurs stations communales ont d'ors
et déjà disparues
Notons aussi la présence d'espèces ayant un statut particulier :
- Senecio paludosus (Séneçon des marais)
- Chorthippus montanus (Criquet), espèce dont seules 2
autres stations sont connues en Haute-Savoie (données Miramella)